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La photographie numérique
Résumons-nous (X) - En général un APN compact ou bridge utilise un capteur CCD, un réflex utilise un capteur CMOS ou Fovéon mais il y a des exceptions - La taille des capteurs des APN réflex est généralement au format APS-C (~23.7 x 15.7 mm), quelquefois "full frame", c'est-à-dire 24 x 36 mm sur certains modèles de milieu et haut de gamme. - Les capteurs sont sensibles à un spectre de rayonnements généralement compris entre 200 et 1200 nm mais sont bridés (par les optiques et les filtres) à la seule fenêtre visible comprise entre 400 et 700 nm environ. - Le rapport d'une image numérique est généralement de 3:2 sur les réflex et de 4:3 sur les compacts et les bridges (comme celle des écrans d'ordinateurs). - Pour un usage ordinaire, le capteur doit présenter une résolution d'au moins 3 Mpixels. De cette manière vous pourrez réaliser des images de 2048 x 1536 pixels et obtenir des agrandissements A4 de bonne qualité, mais pas supérieurs. A usage semi-professionnel, un capteur de 6 Mpixels est suffisant tandis qu'à usage professionnel (photographe d'art, portraits, réalisation de posters, etc) vous devez utiliser un APN dont le capteur offre la plus haute résolution, plus de 10 Mpixels. - Généralement l'APN dispose de paramètres ajustables concernant la configuration (langue, alarme, cadence des prises de vue, retardateur, verrouillage, débrayage des automatismes) et les prises de vues (résolution, balance des blancs, sensibilité, espace de couleurs, etc) ainsi que de fonctions aussi diverses que les priorités à la vitesse et à l'ouverture, une balance des blancs présélectionnée et manuelle, la fonction macro, l'autofocus, un zoom optique et numérique, un flash, etc. La plupart de ces fonctions sont même disponibles sur les modèles compacts. En complément, il est intéressant d'avoir l'option réduction du bruit, anti-vibrations, le blocage du miroir réflex en position haute, une prise pour le flash, la télécommande et l'éclairage du LCD - Le grip ou la base d'alimentation s'achète à la commande de l'appareil car ensuite il n'est généralement plus possible de modifier le boîtier - Un APN dispose d'une sortie USB et supporte les cartes-mémoires CF, parfois SD ainsi que l'interface Firewire. - Utilisez uniquement un APN tirant profit des batteries Li-ion ou NiMH pour éviter l'effet mémoire - Disposez toujours d'un jeu de réserve de batteries et de cartes-mémoires ainsi que d'un chargeur de batterie - Le facteur de grossissement ou de recadrage (crop factor) d'une optique traditionnelle installée sur un APN équivaut à environ 1.5x celui de la même optique installée sur un boîtier argentique, donnant l'impression d'alonger toutes les focales de 50%. Les valeurs de focales indiquées sont les valeurs réelles. Généralement les catalogues ou les revues de produits ajoutent leur équivalent classique (ex. 300 mm, équivalent 450 mm). Pour retrouver un facteur de grossissement de 1 vous devez utiliser des optiques spécialement conçues pour le format de votre capteur, ou ce qui revient au même, utiliser un APN dont le capteur mesure 24x36 mm. - Une optique zoom ou un téléobjectif doit être le plus lumineux possible (petite valeur de f:) au risque de devenir rapidement inutilisable sans lumière d'appoint dans des conditions de faible éclairement, y compris en macro - Les mesures d'exposition sont les plus précises en mode matriciel, tandis que la mesure spot est valable pour un sujet isolé - La netteté des images peuvent être affectée par un traitement interne à l'appareil visant à accentuer le rapport de contraste. Cette option est ajustable sur certains APN de milieu ou haut de gamme (sharpness). - Le firmware peut-être mis à jour, offrant de nouvelles fonctionnalités à l'appareil. La révolte des pixels Voici un titre qui conviendrait à un roman de science-fiction. Nous aurions pu l'intituler pixels contre mégapixels. Tout amateur se demande s'il vaut vraiment la peine d'acheter un APN de plus de 10 Mpixels ou si 6 Mpixels par exemple ne suffiraient pas ? Depuis la fin des années 1980, les constructeurs se sont fait une guerre farouche en inondant le marché d'APN offrant toujours plus de pixels à prix constant. C'est ainsi qu'en l'espace de trois à cinq ans votre bel APN s'est vu supplanté par un modèle équivalent mais offrant deux ou trois fois plus de pixels, une évolution qui contribua à améliorer la qualité des images.
A présent que l'on fabrique des capteurs de 12 et 16 Mpixels, on constate que les derniers modèles d'APN tel le Nikon D40 sorti fin 2006 ne propose d'un capteur de 6 Mpixels. On peut donc se demander ce qui poussa Nikon à limiter la résolution et si un nombre élevé de pixel est important. En deux mots, la réponse est "non". Ainsi que nous l'avons expliqué nous pouvons obtenir des tirages de qualité au format A4 ou A3 avec 6 Mpixels. Et effectivement, si on considère la cible visée par cet appareil grand public, la critique du Nikon D40 est excellente et il produit des images de qualité remarquable. A priori on peut se dire qu'essayer de vendre un APN offrant seulement 6 Mpixels, un nombre relativement faible, est une erreur marketing car elle affectera (psychologiquement et négativement) le choix du client. Or il suffit de réaliser des photographies avec cet appareil pour constater que les ingénieurs de Nikon ont respecté leur plan qualité : offrir une excellente image, aussi fidèle que possible à la réalité. Non seulement le Nikon D40 hérite de la matrice 3D couleur des D1, D2x et D200 qui ont fait le succès de la marque depuis 1999, mais les rendus de couleurs, l'amplitude de la dynamique et le rapport signal/bruit sont excellents, tout cela dans un prix serré inférieur à 500 € sans optique. Bien entendu ce modèle grand public est bridé comparé ne fut-ce qu'à un D70 ou un D200. Mais ne vous méprenez pas; le public ciblé est tout différent : le photographe occasionnel à qui s'adresse ce modèle n'a pas les mêmes exigences ni le même budget à consacrer à la photographie qu'un passionné. Dans ce contexte, Nikon a gagné son pari et va sans nul doute s'attirer de nouveaux clients. Fiabilité des APN On peut regretter que le taux de panne des APN soit tenu secret par les constructeurs alors qu'il concerne un critère essentiel pour les clients potentiels. Même les magazines techniques indépendants y font très peu référence. Quant aux SAV, ils sont avares sur ce genre d'information et ceux qui connaissent les chiffres sont tenus par un soi-disant secret professionnel. Mais cela offre au moins l'avantage au client victime d'une panne dont il n'est pas responsable d'en faire porter l'entière responsabilité au constructeur et d'exiger réparation, d'autant plus si le SAV n'a pas tenu le même langage. Pour en savoir un peu plus, on ne peut donc que réaliser des sondages en espérant que les lecteurs y participeront et faire attention aux annonces publiées par les constructeurs, et notamment résumées dans les News de DPReview longtemps avant les autres magazines.
Sur base des quelques sondages que j'ai réalisé sur plusieurs forums, il semblerait que très peu d'APN réflex tombent en panne comparé aux nombre de pannes constatées sur les compacts ou les bridges : sur 66 APN par exemple qui ont été cités et essentiellement utilisés par des amateurs, il y avait 29 réflex partagés à part égale entre Nikon et Canon dont trois haut de gamme Nikon, 27 compacts (Canon, Kodak, Nikon, Minolta, Panasonic, Pentax, Sony) et 10 bridges (Canon, Kodak, Minolta, Olympus). On rapporte 1 réflex en panne (3%) pour 9 compacts (30%) et 2 bridges (20%). Toutefois il faut bien se dire que les compacts représentent aussi 90% du marché ! Nous avons donc naturellement toutes les chances d'en voir tomber plus en panne dans les mêmes proportions. Et en l'occurrence ce rapport est respecté dans ces sondages. Rappelons également que Canon se réserve 10% du marché suivi de près par Olympus, Kodak, Nikon et Sony. Dans ces sondages Canon présente 3 fois moins de panne que ses concurrents. Mais sans base statistique fiable et un échantillon limité, il ne faut pas interpréter ces faits autrement que pour ce qu'ils sont. Ce type de sondage reste toutefois intéressant pour avoir un aperçu du genre de panne auxquelles ces appareils sont généralement sensibles. La bonne nouvelle si l'on peut dire c'est que généralement ces pannes se produisent sur des modèles différents et touchent donc indifféremment toutes les marques et différentes catégories d'APN. On peut également constater à travers ces sondages qu'en dehors des pannes, beaucoup d'APN et surtout des compacts nous tombent facilement des mains... Il ressort de ces sondages que contrairement à ce qu'on pense, si la majorité des APN (tous modèles confondus) sont très fiables et le restent même après 5 ans d'utilisation peu intensive, on constate que ce ne sont pas nécessairement les pièces mécaniques (obturateur, bouton de fonction, déclencheur, volet, etc) qui tombent en panne mais l'électronique (pixels morts ou chaud sur les images, allumage aléatoire, problème de mise hors tension, mauvais contacts électriques, capteur mort ou défecteux, problème de carte-mère, perte d'images dans le buffer, etc), et d'autant plus vite que l'APN est utilisé intensivement (20-50 images/jour durant 2 ans par exemple) ou dans des conditions difficiles (humidité, poussière, etc). Ces pannes dépendent évidemment de la qualité de l'appareil et de son usage, du climat dans lequel il est utilisé (Sony et Canon ont rapporté officiellement des défaillances liées à l'humidité sur certains compacts) et du nombre de mise sous/hors tension parmi d'autres facteurs. En effet, nous savons tous combien un climat chaud et humide ou au contraire trop froid peut rapidement abîmer un appareil, corroder des pièces, décoler des éléments ou bloquer des mécanismes. Un APN ordinaire fonctionne entre 0 et 40°C, supporte moins de 85% d'humidité et n'est pas hermétique. Vous savez donc d'avance qu'il supportera en principe moins longtemps les rigueurs de la jungle, du désert ou d'un climat polaire. Evitez aussi à tout prix l'eau et le sable, comme la pluie et les embruns salés, sauf évidemment s'il est placé dans un caisson étanche (voir quelques modèles de kits sur Scubaland) !
Il faut ajouter à ces facteurs, l'effet de la chaleur dégagée par les composants comme les microdrives qui chauffent énormément et affectent très sérieusement le MTBF (temps moyen entre deux pannes qui diminue de moitié tous les 10°), la durée de vie limitée des composants électroniques comme les condensateurs papier, les soudures, des problèmes de conception du capteur ou du moniteur et enfin l'usure des circuits imprimés ou des cables souples qui sont régulièrement pliés et dépliés dans certains appareils. Notons qu'on parle très peu dans ces sondages des optiques, sauf les rares fois où l'appareil est tombé et fut endommagé. Généralement les optiques sont affectées par l'humidité, des moisissures se développant dans les lentilles dans les pays tropicaux et indirectement par une éventuelle défaillance du système autofocus intégré. Il faut bien se dire qu'aucun appareil manufacturé n'est jamais à l'abri d'une usure ou d'une panne. Un appareil de milieu ou haut de gamme pourra juste vous garantir être mieux protégé contre les aléas du climat (bien que ses tolérances soient très limitées) et être passé par un contrôle qualité plus sévère qu'un produit d'appel ou de grande consommation. Enfin, ainsi que nous le rappellerons à propos des APN haut de gamme, il faut aussi relativiser les pannes. Si elles surviennent durant la période de garantie, beaucoup de photographes n'y prêteront pas attention et consentiront même à accepter de multiples pannes tant qu'elles ne leur coûtent pas d'argent. Mais leur point de vue sera tout différent au terme de la période de garantie. A cette occasion il sera peut-être temps de se demander s'il ne vaut pas mieux remplacer l'APN maintenant que d'attendre et subir d'autres pannes qui seront cette fois facturées ! Plaçons à part la fiabilité des cartes-mémoires. Nous avons expliqué précédemment qu'une carte CF était généralement garantie 5 ans et supporte l'enregistrement de 100000 à 1 million d'images, au-delà de quoi le substrat se dégrade. Rappelons qu'en cas de litige suite au mauvais fonctionnement d'une carte, même si la garantie peut éventuellement vous rembourser le voyage, ce dédommagement ne remplacera jamais les photographies peut-être uniques que vous avez réalisées. Pour cette raison et éviter autant que possible tout risque d'erreur hardware, par précaution achetez d'office 2 ou 3 cartes-mémoires et alternez-les. Enfin, faites jouer la garantie à la première défaillance. Au-delà de 5 ans d'utilisation et plus de 100000 images sur la même carte, pensez à la remplacer. En guise de conclusion A présent que nous connaissons les points forts comme les points faibles des APN, pour terminer ce tour d'horizon posons-nous quelques questions qui traversent souvent l'esprit du futur acheteur et qui pourraient vous aider à choisir votre réflex. Non pas le modèle untel à tel prix avec telle option, mais la ligne de conduite à suivre pour faire le bon choix. - Où achetez un APN ? Un appareil photo numérique est un produit sophistiqué qui doit être acheté chez un photographe. Le photographe de votre quartier qui soigne sa réputation vous accordera toujours tout le temps nécessaire pour vous expliquer le fonctionnement d'un appareil et vous donnera le temps de l'avoir bien en main, d'autant plus facilement s'il a la garantie d'aboutir à une vente. Et autant lui dire vos intentions précises tout de suite. La vente d'un APN réflex qui va souvent de paire avec quelques accessoires est la cerise sur le gâteau du commerçant car elle représente une fraction significative de son chiffre d'affaire. N'hésitez pas à lui demander de pouvoir tester l'appareil ou l'optique durant une heure ou deux, même si certains ne l'acceptent que moyennant dépôt d'une caution, ce qui est tout à fait normal vu le prix de certains appareils. - Pourquoi achète-t-on un APN ? Un APN est avant tout un outil au service d'un photographe et représente le symbole de sa passion ou plus simplement le moyen de conserver une trace de ses souvenirs ou de ses travaux. L'utilisation d'un appareil photo revête donc différents degrés d'intérêts selon la fonction qu'on lui accorde allant de l'utilité pratique, au confident des instants privilégiés de notre vie, à l'objet d'exception, l'oeuvre d'art technologique, trois valeurs tout à fait légitimes. Selon l'importance que vous accordez à ces critères et vos exigences personnelles, un amateur occasionnel ne choisira donc pas son APN sur base des mêmes critères qu'un photographe d'art ou un scientifique. Cet aspect des choses peut-être important à considérer lorsque vous consulterez les revues techniques des différents APN (bien qu'en principe elles soient neutres) et surtout les critiques des utilisateurs, leur point de vue étant par nature influencé par leurs connaissances et leur expérience de la photographie. Comparez les prix : Amazon - Infomoinscher - Monsieurprix - Nomatica - Pixellium - Rue du Commerce
- Comment choisir son APN ? Vous devez choisir votre APN en fonction de votre budget, du temps que vous allez consacrer à la photographie, des types de photographies que vous allez réaliser et en tenant compte de la taille des agrandissements souhaités. Evitez de le choisir par rapport à la marque (sauf si vous disposez déjà d'accessoires de cette marque comme des optiques) ou pour son côté élitiste. Tout cela n'est pas vraiment rationnel. Choisissez votre APN pour sa qualité, ses fonctions et ses performances. Expliquez tout cela à votre photographe avant d'acheter votre APN car cela aura un impact sur le prix de l'appareil mais également sur l'éventail ou le prix des accessoires disponibles. Notons à ce sujet que certains photographes préfèrent vendre certaines marques d'appareils plutôt que d'autres du fait qu'il présentent une plus grande compatibilité avec les tireuses numériques qu'ils utilisent. Si le principe est louable, on ne peut pas influencer les goûts du client sur ce seul critère. - Le prix d'un APN justifie-t-il ses performances ? Question difficile car tout dépend de vos critères de sélection. Dans l'absolu, toute option supplémentaire implémentée dans un appareil doit se payer en recherche et développement et se reflète donc sur le prix de vente. Mais si pour vous un agrandissement A4 est le maximum envisageable et des fonctions standards peu sophistiquées, un APN d'entrée de gamme comme le Nikon D50 (436 € en 2006) ou le Canon 400D (663 €) de 5 Mpixels suffit largement. Un photographe d'art en revanche tirera avantage d'un APN offrant 10 ou 16 Mpixels et de ses accessoires hors de prix. Le prix reste le premier critère dans la sélection d'un APN suivi par la réputation de la marque car elle peut conditionner la qualité et les performances du produit ainsi que l'étendue de la panoplie de ses accessoiress. Mais en aucun cas la marque ne vous garantit la pérénité de votre achat. Il y a de grandes marques qui ont retiré leur APN haut de gamme du marché un peu plus d'un an après l'avoir commercialisé. Un APN haut de gamme justifie son prix par sa qualité générale, sa robuste, ses innovations et le fait qu'il prend en charge automatiquement de nombreuses fonctions qui font appel à des corrections manuelles ou qui sont absentes sur les modèles bon marché. En principe, dans des conditions de prises de vues difficiles en terme de lumière ou de vitesse, un appareil très sophistiqué comme le Nikon D3 (4599 €) ou le Canon EOS-1 Ds Mark III (6800 €) réalisera de plus belles images (considérant leur netteté et l'équilibre des luminances) qu'un APN d'entrée de gamme aux possibilités de contrôles et d'assistance plus limitées (mais qui, dans l'absolu, est probablement un bon appareil, beaucoup plus sophistiqué que n'importe quel appareil réflex traditionnel). Ceci dit, même les APN haut de gamme ont leurs limites et utilisés dans les mêmes conditions de prise de vue (et notamment avec les mêmes optiques), ils ne se différencient pas beaucoup des performances des appareils d'entrée de gamme car c'est encore le photographe qui sait quand appuyer sur le déclencheur. - Choisir un APN grand public ou semi-professionnel. Choisir un APN dans une gamme qui comporte aujourd'hui plus de 430 modèles tous formats confondus dont 10% de réflex et à peine 5% de modèles semi-pros et pros est une tâche difficile. Pour le photographe amateur, les APN grands publics sont un marché, certes porteur, mais qui par nature ne proposera jamais d'appareils aussi sophistiqués et performants que ceux destinés aux amateurs avertis et aux semi-professionnels. Si vous souhaitez acquérir un APN réflex de milieu de gamme dit "prosumer" (littéralement un article professionnel destiné au marché des consommateurs), bien que le marché présente un choix plus réduit que celui du marché grand public, il est tout aussi concurrentiel et confus. Mais ici encore, choisissez votre APN en fonction de votre budget et de vos besoins sans prétendre vouloir l'excellence à prix plancher. Un APN de milieu de gamme coûte au minimum 1500 € sans optique. Et généralement, si vous acceptez de payer ce prix, vous allez naturellement vouloir des optiques performantes, dont le prix est tout aussi élevé. Cela fixe déjà le débat. C'est donc un achat qui ne se décide pas sur un coup de tête en lisant cinq minutes un catalogue. Un APN de cette gamme est un produit de qualité et performant, disposant de nombreuses fonctions automatiques, d'autres ajustables ou d'assistance toujours très appréciées. La qualité et les performances de cet APN représentent un investissement que vous souhaitez durable et peut-être même rentable, en tous cas apte à vous offrir quelques grands moments de satisfaction. Vous pouvez considérer votre APN de deux manières, soit comme un outil technique que vous voulez maîtriser jusqu'au dernier bit soit comme un appareil photo permettant de libérer votre sens artistique, laissant de côté son aspect technique. Mais globalement, passer de la photographie amateur occasionnelle à la passion exige que vous ayez de bonnes notions de photographie, un sens artistique et envie de vous investir dans ce hobby. Si cette méthode est trop rapide pour vous, orientez-vous vers un modèle d'entrée de gamme à moins de 1000 € avec une optique zoom. Vous apprendrez ainsi la technique photo en même temps que vous développerez votre sens artistique. C'est seulement lorsque vous serez satisfait de votre achat et aurez bien maîtrisé la technique que vous pourrez éventuellement envisager d'acquérir un modèle plus sophistiqué. - Choisir l'APN à la mode ou pour son prix. Certaines personnes succombent en effet à l'envie d'acheter un APN a priori, sur base de critères subjectifs voire irrationnels difficilement discutables. En matière d'APN, le seul avantage pratique d'acheter le modèle "à la mode", par exemple "l'APN de l'année", est d'avoir la certitude d'utiliser un modèle récent apprécié des critiques et tirant profit des dernières innovations. Mais cela ne signifie nullement que ses performances conviennent à votre usage ni que son prix soit démocratique. Par ailleurs le train de la mode est passager et changera forcément d'opinion l'année prochaine, vous laissant là avec votre appareil "démodé". Choisir un APN parce qu'il est cher, par snobisme, est un argument absurde qui se retourne tôt ou tard contre son propriétaire. En effet, en principe un appareil haut de gamme devrait mieux résister aux effets du temps comme à ceux de l'environnement mais il ne palliera jamais à l'incompétence d'un débutant comme aux erreurs des professionnels; si le sujet est mal cadré, sophistiqué ou pas, votre bel APN va toujours couper les pieds du sujet ! Comme par ailleurs son utilisation nécessitera un certain apprentissage, s'il émousse votre patience vous finirez par le délaisser pour un modèle plus simple. En fait on n'achète pas un APN onéreux pour le simple plaisir d'être à la mode ou par snobisme mais pour répondre à un besoin, en principe les exigences d'une passion ou d'un métier. Dans le cas contraire, il est fort à parier que votre bel APN restera dans un tiroir ou ne sortira de sa boîte que 3 semaines par an pour réaliser quelques tirages 10x15. Laissez-le plutôt à ceux qui en ont l'usage. - Faut-il attendre une baisse des prix ? Attendre une baisse des prix des APN est illusoire car à prix constant il y aura de nouveaux modèles plus performants. Bien que leur dépréciation soit très importante, c'est un très mauvais calcul. Si vous avez les moyens financiers, achetez un APN neuf ou d'occasion maintenant, sans attendre Noël ! En hésitant et en reportant toujours votre décision, finalement vous n'aurez pas d'APN, vous ne prendrez jamais de photos et vous ne pourrez pas partager votre expérience. Achetez-en un aujourd'hui dans votre gamme de prix, vous verrez plus tard si vous avez fait le bon choix. Le jour venu, vous pourrez discuter avec le photographe en connaissant le sujet.
Ceci dit, mieux vaut investir un peu plus d'argent maintenant dans un APN performant que d'acheter un bas de gamme qui ne vous satisfera pas et que vous allez de toute façon revendre pour racheter le modèle qui vous convient. En pensant faire une économie, vous avez en fait perdu plus d'argent que si vous aviez de suite choisi le modèle adéquat. Quant à la question de sa dépréciation, rappelons que dès le moment où vous avez acheté votre APN, il a déjà perdu 20% de sa valeur et perdra plus de 50% de sa valeur au terme de la troisième année. Sans possibilité de l'amortir, vous n'avez donc aucun intérêt à le revendre à perte, d'autant moins que les composants électroniques sont très fiables (soit ils tombent en panne à la première utilisation soit pour ainsi dire jamais à moins d'être intensivement utilisés). - Quel APN choisir ? Pour commencer, vous pouvez limiter votre investissement au plafond psychologique de 1000 € sous lequel se trouve aujourd'hui 64% des APN réflex. C'est une réalité commerciale à laquelle adhère la plupart des clients qui, a posteriori, sont satisfaits de leur achat. Mais méfiez-vous car on perce vite ce plafond quand il faut acheter quelques accessoires supplémentaires. Quant aux innovations et ces détails qui font ce "petit plus" des APN ayant une bonne réputation, ils poussent les prix à la hausse et risquent de faire exploser votre budget. Enfin, n'hésitez pas à consulter les critiques des utilisateurs et les revue techniques des APN, posez éventuellement des questions sur des forums de discussions afin de resserrer votre choix sur quelques modèles. En général, pour des photographies ordinaires et même un peu plus, vous ne serez jamais déçu en choisissant un modèle qui a reçu la faveur du public avec "5 étoiles" ou éventuellement par celui classé "modèle de l'année". Et si en plus il vous plaît, c'est tout bénéficie pour vous. Bonne chance et ayez le bon réflex ! Les modèles présentés dans cet article sont donnés à titre indicatif. Les modèles concurrents peuvent apporter des solutions équivalentes. Sauf autre mention, les photographies ont été fournies par les constructeurs. Cet article a été publié en septembre 2007 en intégralité dans le webzine Cours-Photophiles sous le titre "La photographie numérique" à l'occasion de la sortie du 60e numéro du magazine Photophiles. Pour plus d'information
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