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La photographie s'intéresse aux radiations visibles qui ne sont qu'une infime partie de la gamme des ondes électromagnétiques que nous pouvons détecter. La sensibilité du matériel photographie varie selon le type d'application envisagée. Ainsi, en noir et blanc nous avons une bonne dizaine de catégories de sensibilités spectrales différentes, les unes adaptées à la photographie au trait, les autres à la photographie couleur, infrarouge, spectroscopique, astronomique, militaire, etc. Les émulsions sont de plusieurs types : - Les émulsions non sensibilisées : sensibles uniquement au bleu, propriété intrinsèque des grains d'AgBr - Les émulsions orthochromatiques : sensibles jusqu'au vert - Les émulsions panchromatiques : sensibles jusqu'au rouge - Les émulsions aéro infrarouge : sensibles jusqu'au proche infrarouge - Les émulsions I-Z : sensibilisées au lointain infrarouge - Les émulsions 103a : mises au point pour l'astrophotographie des faibles sources lumineuses - Les émulsions couleurs : panchromatique par définition, elles sont sensibilisées aux trois rayonnements bleu, vert et rouge (RGB) avec une reproduction directe des couleurs après traitement chimique.
Structure d'une pellicule La couche anti-halo On nomme halo, l'auréole irisée qui se produit autour des lignes d'un cliché lorsque le sujet présente des contrastes violents. Le halo frappe alors en premier les parties sombres, voisines des zones lumineuses. Le halo est moins dangereux avec les films présentant un support mince que pour les émulsions coulées sur le verre avec les plaques. Pour réduire ce phénomène, on coule cette couche entre l'émulsion et son support ou au verso du verre selon les films. Toutes les pellicules présentent cette couche dorsale colorée en vert-gris et acide qui sera éliminée de son colorant lors du bain de développement basique. La couche anti-abrasive Cette couche de gélatine durcie est présente sur toutes les émulsions leur donnant ce brillant caractéristique. Elle sert à protéger l'émulsion photosensible contre les détériorations mécaniques (griffes, voile de friction). Au début du siècle, si une pression était exercée sur du matériel photographique exposé mais non développé, les endroits soumis à la pression noircissaient pendant le développement, en rapport avec la force de pression et l'intensité de l'image latente. Aux endroits clairs la pression était en général invisible. Cette couche évite ces accidents. De plus, si notre négatif présente trop de griffes en surface suite à un usage répété ou par manque de soin, il sera toujours possible de les éliminer en passant le film quelques secondes sous la vapeur d'eau (côté brillant) de façon à ramollir la gélatine de la couche anti-abrasive et la réorganiser. Lorsqu'elle sera refroidie quelques secondes plus tard, le support paraîtra à nouveau brillant. Pas de photo sans AgBr Les grains de bromure d'argent (AgBr) qui constituent les émulsions ont une forte absorption dans le bleu, d'où l'impossibilité intrinsèque de la désensibilisation au bleu, et deviennent insensibles au vert et au rouge. Si cela peut suffire à produire une image au trait en deux tons, c'est totalement insuffisant pour obtenir une photographie noir et blanc conventionnelle constituée d'une gamme de gris. Les émulsions noir et blanc contiennent donc des composés chimiques (benzènes, etc) appelés des sensibilisateurs. Leur rôle consiste à capter les longueurs d'ondes que ne peuvent enregistrer les cristaux de brume d'argent. Ce sont alors des émulsions ortho et panchromatiques. Notons également que le rayonnement bleu est fortement absorbé et n'agit que sur les cristaux d'AgBr situés en surface, d'où l'inconvénient d'utiliser des émulsions épaisses dans certains domaines qui demandent beaucoup de détails au cliché. Toutefois les bains de développement viennent ici à notre aide par l'utilisation de composés chimiques particuliers. Prochain chapitre |
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