Le traitement des images planétaires RVB ou LRVB ? |
Deux types de traitement sont à la disposition de l'astronome amateur pour produire des images en couleur des planètes : la technique RVB et la technique LRVB. Ces deux techniques ont chacune des avantages et des inconvénients, et on peut essayer d'établir un état des lieux pour tenter de savoir laquelle est préférable en fonction de la situation.
Note : cette page concerne uniquement les images en "vraies" couleurs, correspondant à la vision humaine.
MERCURE : Faible hauteur sur l'horizon (en général), turbulence toujours présente, forte réfraction atmosphérique... Si on veut tenter de faire des images de Mercure en couleur, il semble que la méthode RVB soit la meilleure solution sans trop d'hésitation !
MARS : La planète présente deux principales catégories de détails qui sont très déséquilibrées en terme de visibilité, les détails de la surface et ceux de l'atmosphère. Le problème du LRVB est que les détails de l'atmosphère, souvent ténus et peu visibles, peuvent ne pas apparaître sur une image de luminance en NB qui sera alors largement dominée par la surface. Il semble que le LRVB ne puisse réussir qu'avec des images initiales de très bonne qualité et avec un grand soin apporté lors du traitement. Avec la méthode RVB, on est certain que les différents détails présents sur les trois images seront conservés sur la couleur. Comme une image de luminance peut potentiellement atteindre une meilleure résolution, on fera diverses expériences pour faire la part des choses.
L'utilisation de la méthode RVB est encore conseillée en raison de la rotation relativement lente de la planète. 7 à 9 mn grand maximum permettent de prendre le RVB sans rotation visible des détails.
JUPITER : Cette planète ne présentant pas de détails ténus comme Mars en lumière visible, on peut penser que la méthode LRVB est préférable, et de fait elle est largement utilisé avec des caméras CCD classiques. Le problème est alors d'enregistrer la L et le RVB en un temps très court car la rotation est extrêmement rapide... 2 mn est un grand maximum ! Cette technique est envisageable avec deux caméras, une NB une couleur, à conditions de travailler très rapidement.
La méthode RVB avec caméra NB et filtres n'est malheureusement pas envisageable en webcam. Elle le devient cependant avec des caméras plus rapides capables de filmer à des cadences supérieures à 10 ips sans compression (voir les images de Damian Peach à Barbados avec une Lumenera, faites selon cette technique).
Sans cela, la méthode RVB avec webcam à capteur couleur est toujours une solution performante et sans risque de rotation...
SATURNE : Le cas de Saturne est un peu différent de Jupiter malgré la similitude de la vitesse de rotation. Les deux techniques RVB et LRVB sont en effet envisageables ici.
La méthode LRVB est un moyen sûr d'obtenir une image de qualité dans de très bonnes conditions, et peut être définie comme la meilleure solution pour Saturne. On pourra pousser la capture pendant plusieurs minutes (5 max) sans craindre de voir d'éventuels spots s'étaler sous l'effet de la rotation.
Remarque importante : la stabilité apparente des détails du globe de Saturne a pu dans certains cas amener des amateurs à utiliser pour leur luminance une chrominance prise à un grand intervalle de temps (parfois un an). Ceci est une erreur à ne pas commettre car non seulement le schéma des bandes de Saturne est en réalité bien plus mouvant que celui de Jupiter, mais en plus, d'une année à l'autre et même en quelques semaines seulement de temps, la perspective sous laquelle nous observons la planète change beaucoup. Il est parfaitement envisageable d'utiliser une chrominance prise lors d'une autre nuit que la luminance, mais le délai ne doit pas dépasser une semaine grand maximum. Les couleurs et les bandes de Saturne peuvent changer en l'espace de deux semaines. Ce délai doit être encore plus court en pérode d'opposition où des phénomènes rapides peuvent se produire (augmentation d'éclat des anneaux, basculement est/ouest des ombres de la planète...). L'idéal reste évidemment de faire les deux images durant la même nuit !
Le RVB est également envisageable avec une limite : la présence de petites tempêtes. Soit on se limite à quelques minutes de temps pour les trois captures, ce qui risque de ne pas permettre un bon rapport signal/bruit ; soit on décide de ne pas se préoccuper du temps. Dans ce cas l'image finale ne pourra pas reproduire les tempêtes (ou bien la présence de ces dernières empêchera de faire le RVB pour cause de rotation...) et elle ne comportera aucune indication d'heure de capture ni de longitude. Elle restera tout à fait valable pour donner des informations sur les bandes et zones, avec la qualité de reproduction des couleurs du RVB, et l'avantage donné par la stabilité d'image des filtres de couleur.

Une nouvelle comparaison RVB/LRVB sur Saturne du 17 mars 2005, en contradiction avec celle visible sur la page LRVB, puisqu'ici le RVB semble un peu meilleur. Toutefois l'image LRVB est la seule à recevoir des indications horaires.
URANUS et NEPTUNE : Les jumelles géantes, si elles connaissent une rotation également rapide, sont tellement faibles que la méthode LRVB est préférable car la luminance permet de transmettre beaucoup plus de lumière. Toutefois, tant qu'elles resteront basses sur l'horizon pour l'hémisphère nord de la Terre, la méthode RVB est plus intéressante pour éviter un chromatisme atmosphérique désastreux sur des disques aussi minuscules !