Présentation
générale
Fort
des principes énoncés, notre instrument est donc un Newton de 255 de
diamètre. Le porte oculaire doit être à la hauteur normale de l'œil
de l'observateur assis sur un siège. De là découle une focale de 125
cm, soit un F/D de 5, bien pratique et polyvalent. La monture est du
type DOBSON, seule solution réellement compacte pouvant être allégée.
L'instrument
est fait de plusieurs éléments qui, pour le rangement, s'emboîtent
les uns dans les autres, à la manière des poupées russes.
Les
photos qui suivent donnent un exemple de réalisation et aident à
comprendre le rangement et la description des principales parties du télescope. |
La
vue de dessus
Le
secondaire fait 50 mm de petit diamètre. Il est choisi au plus juste et
ne génère qu'une obstruction de 20% très acceptable. Le diamètre du
primaire, associé au cône de pleine lumière au plus faible
grossissement envisagé nous donne la taille du diaphragme d'entrée,
soit le diamètre du baffle supérieur de la cage du secondaire. De là,
on construit tous les éléments en vue de dessus afin qu'ils s'emboîtent
les uns dans les autres avec un léger jeu entre chacun. On remarque que
les 2 haches occupent tout l'espace disponible. Elles ont donc une
taille maximale en vue de l'équilibrage qui sera décrit plus loin. Les
découpes d'allègement des haches permettent le passage de la vis pivot
qui matérialise l'axe de rotation vertical du télescope.
La
vue de coté
La
cage du secondaire : Grâce au principe de l'araignée à 3 branches
désaxée, la cage du secondaire est réduite en hauteur à la taille du
secondaire en place, avec une légère marge supérieure et inférieure
pour protéger cette optique des contacts directs lors du rangement.
L'axe
du porte oculaire découle du trajet de l'axe optique du système. Les
deux baffles sont placés à plus de 1 cm en retrait pour permettre en
partie supérieure le rangement du chapeau clac et en partie inférieure,
de réaliser aisément la coupe inclinée nécessaire pour la position
de rangement dans la caisse primaire.
La
caisse du secondaire : Pour des raisons d'équilibrage, le miroir
primaire est installé au plus bas de sa caisse . Cela explique le souci
de compacité du barillet, dont les leviers de collimation sont encastrés
dans la planche du fond.
La
découpe des 4 bords supérieurs de la caisse permettent le rangement
des 2 haches.
La
découpe oblongue d'un des cotés permet le passage du porte oculaire
lors du rangement.
La
découpe en arc de cercle sur le pan coupé permet le libre passage du
miroir en position basse et de son couvercle de rangement.
La
valise de transport : Les ouvertures latérales dans les flans de la
caisse ont quatre utilités. La première est de permettre une bonne
prise en mains de l'ensemble; on arrive ainsi à verrouiller toutes les
pièces pour éviter tout mouvement intempestif. La deuxième est l'aération
de l'intérieur pour le séchage lorsque le télescope est rangé
humide. La troisième est un gain de poids qui peut atteindre 150 gr au
total. Enfin la dernière est d'ordre esthétique, laissez libre court
à votre imagination !
L’équilibrage.
On
réalise bien que l'on doit construire léger. Grosso-modo, nous avons
un miroir primaire avec ses accessoires et sa caisse pour un poids de 4
kg dont le centre de gravité est à 20 cm du centre de rotation. Le
secondaire étant 80 cm plus haut, les éléments de la cage du
secondaire ne doivent pas excéder 1 kg, tout accessoires compris.
Fort
des données graphiques précédentes, on peut calculer très précisément
la masse et le centre de gravité de chacun des éléments, en
n'oubliant pas de prendre en compte les oculaires, barlow et accessoires
du secondaire. De là découle la position du centre de gravité du tube
optique, avec ses configurations mini (sans oculaire) et maxi (oculaire
le plus lourd + barlow). Le centre de rotation sera au milieux de ces 2
extrêmes. Cela conditionne la position et la fixation des 2 haches sur
la caisse du primaire.
Enfin,
pour éviter les basculements intempestifs dus aux déséquilibres lors
du changement d'oculaire, il est important de bien travailler les
coefficients de frottement des patins de glissement, par un choix
judicieux du couple de matériaux et la supérficie des surfaces de
contact.
Le
rayon des 2 haches, donc la position du centre de rotation, est donné
par l'encombrement maxi utilisable lors du rangement dans le couvercle
de la valise.
Quelques
essais et ajustements du dessin permettent d'arriver à cet optimum.
Les
mouvements
En
vue de coté, le dessin de l’ensemble et les dimensions du rocker
doivent permettre la rotation du tube optique autour de son axe
horizontal. Le centre est déterminé selon les calculs précédents et
le rayon d’encombrement par l’arrête inférieure du miroir primaire
dans sa position la plus basse. Le bas de la caisse du primaire est coupée
en biais pour permettre cette rotation.
La
longueur du rocker est agrandie pour permettre le rangement du porte
oculaire et des oculaires eux-même.
Le
couvercle sert de socle au rocker. Il doit rester assez de matière aux
endroits les plus fins pour assurer un minimum de rigidité. |
|
L'araignée
est à 3 branches désaxées.
Cette
configuration originale permet de passer derrière le miroir et non
devant, pour une compacité en hauteur évidente. Elle limite considérablement
le porte-à-faux du miroir par rapport au système de fixation. De plus,
elle est désaxée par rapport à l'axe optique du système. Cela permet
de placer l'une des 3 vis de collimation du secondaire sur cet axe
optique.
Dans
un newton, le secondaire doit être excentré de l'axe optique pour
conserver le cône de pleine lumière. C'est ce qui est appelé le
" shifting " du secondaire. Un calcul ou une épure à l'échelle
permet de dimensionner précisément ce décalage. Le shifting est ici
pris en compte dans les plans ci-joint.
Le
poids du secondaire et de son araignée est inférieur à 100 grammes.
Il est donc inutile de faire gros et lourd sous prétexte de faire
solide. Je rêve d'une structure ultra légère en composite carbone/dépron...
Le
support du miroir
Le
miroir est collé au silicone sur sa plaque support selon un protocole
bien précis.
Cette
plaque en aluminium est équipée de petites pattes où viennent
s'appuyer les 3 vis de réglage. La collimation de l'ensemble respecte
le principe isostatique du point-trait-plan.
Le
point est dans l'axe optique du télescope (qui rappelons le, n'est
pas celui du secondaire). Il est le pivot du système. Il est matérialisé
par la vis de collimation centrale dont l'extrémité est limée en
pointe. Celle-ci vient se positionner dans une cuvette conique, réalisée
par un trou non débouchant sur la plaque support. Ainsi, le miroir peut
bouger et pivoter en tout sens tout en conservant son centrage et sa
hauteur par rapport à ce point, donc au porte oculaire. Cette vis
permet le réglage en hauteur du secondaire par rapport à l'axe du
porte oculaire. Ce réglage est réalisé une bonne fois pour toute.
Le
trait doit bloquer en rotation la plaque support du secondaire tout
en participant et permettant son orientation. Pour ce faire, sa
direction doit passer par le point pivot. Il est impératif de faire au
préalable une collimation soignée du secondaire avec le porte oculaire
pour repérer et marquer avec précision la position de la pointe de la
vis par laquelle le trait passera.
Il
est réalisé avec une petite lime ou une petite fraise conique de modélisme.
Le
plan bloque par simple butée l'ultime degré de liberté qui reste
à ce système. Ici, l'extrémité de la vis est arrondie pour permettre
un bon glissement sur la languette du support.
Un
ressort plaque fermement le support sur ces 3 vis.
Il
est important que cet ensemble ne présente aucun jeu. C'est pourquoi,
une fois le réglage de hauteur du secondaire parfaitement réalisé (réglage
définitif), il convient de bloquer la vis centrale par un point de
colle ou autre. Pour diminuer le jeu des 2 autres vis, dont le réglage
est à refaire à chaque montage du télescope, il faut utiliser des
trous taraudés de longueur maximale. De petits tubes laiton taraudés
sont idoines. Pour parfaire ce système et éliminer tous les jeux résiduels,
il est avantageux de réunir la tête de ces 2 vis par un élastique
(joint torique).
Pour
une manipulation aisée, l'emploi de vis laiton M3 à large tête moletée
est idéal (BHV paris). De grâce, pour ces réglages, point de vis Chc
ou autres qui nécessitent l'emploi d'un outil !
Les
branches
Elles
sont réalisées en fibre de carbone pour le fun, mais aussi pour la légèreté,
la fermeté et surtout, la parfaite transparence aux rayons X lors des
contrôles de bagages aériens. Du plat en alu aurait aussi pu fait
l'affaire. Sinon, de simples réglets en acier sont possibles. Leurs
fixations par vis et équerres sont définitives sur la cage du
secondaire selon la cotation du plan. On respecte ainsi le bon shifting
et le désaxage prévu. |
|
Le
barillet est conçu dans un souci de compacité maximal, afin de
profiter au maximum du contrepoids que représente le miroir primaire,
pièce la plus lourde du télescope. Plusieurs détails le singularisent
des autres systèmes employés.
La
collimation avant.
Tous
les barillets de télescopes se collimatent par 3 vis accessibles à
l’arrière. Pour procéder à ce fin réglage, cela implique soit
d’avoir un compère complaisant qui exécutera les manœuvres que vous
lui dicterez, l’œil rivé à l’oculaire, soit de faire
d’incessants va-et-vient entre l’oculaire et l’arrière de
l’instrument, soit d’être doté par la nature généreuse de bras
de gibbon, soit se faire greffer des bras de gibbon. Toutes ces
solutions ne sont pas satisfaisantes à l’usage et l’on comprend
mieux pourquoi beaucoup négligent la collimation, pourtant essentielle
aux bonnes observations.
Ici,
le problème est élégamment résolu :
-
Les vis arrières vous donnent de l’urticaire ? et bien, placez-les
devant… Un levier transmettra le débattement des vis sous le miroir,
avec un effet démultiplicateur améliorant la précision du réglage.
-
Ces vis de réglage vous rappelent que la terre est basse ? Rallongez
les commandes par des tiges suffisament longues
-
De plus, pourquoi agir systématiquement sur les 3 vis à la fois quand
2 suffisent ? Ce principe élémentaire permet de conserver une hauteur
constante du miroir pimaire quelque soient les réglages effectués.
Ainsi,
la collimation n'est plus la corvée que l'on sait.
Pour
la réalisation pratique, les 3 triangles en aluminium ep : 2 mm ont
leur articulation matérialisée par une bille d’acier. L'une est
directement enchâssée et collée sur le fond de la caisse du primaire.
Les 2 autres sont inserrées sur 2 leviers en carré d'aluminium, eux-même
encastrés dans la planche du fond.
Pour
des raisons d’encombrement minimal, le débattement des leviers est de
+/- 2 mm, soit une inclinaison du miroir de +/- 1°. Dans la position la
plus basse, les leviers sont à l’horizontal et affleurent la face extérieure
de la caisse du primaire. Ainsi, ils ne gênent pas la rotation du télescope
dans le rocker.
Par
ce fait, l'ensemble du barillet a une épaisseur totale de 13 mm. Nous
pensons qu'il est difficile de faire mieux.
Les
points de contact avec le miroir sont matérialisés par les têtes sphériques
de clous en laiton pour permettre un bon glissement. Sur chaque
triangle, on conserve la pointe d’au moins 2 clous pour assurer leur
blocage en rotation. Ces clous ne sont pas collés et peuvent débattre
librement. Cela permet aux pointes de glisser librement dans de petits
tubes en laiton, encastrés dans la planche du fond de la caisse.
Les
proportions.
Autre
originalité, les proportions de notre système sont différentes de
celles généralement proposées par ailleurs et donnent des
performances théoriques meilleures. Elles sont le fruit des savants
calculs de Pierre permettant d'appréhender précisément la déformation
du Pyrex par la méthode des éléments finis grâce au logiciel PLOP de
Mr. David LEWIS. Voici les images qu'il obtient des déformations des
miroirs pour les cas suivants:
|
Pour
le cas d'école traditionnel :
Les
points sont placés pour couper les secteurs d'anneaux en
surfaces égales, c'est-à-dire à 40,82% et 81,65%. Il ne sert
à rien de refocaliser. J'ai considéré un Pyrex de 255 sur 27
au bord. L'image Plop donne la figure de déformation avec le
rouge à -4,1 nm et le bleu à +2.6 nm. La déformation PTV est
de 6,7 nm et en RMS de 1,3, ce qui donne sur l'onde lambda sur
40.
|

|
|
Solution
retenue pour nos supports :
Ils
ont les points placés au barycentre des secteurs c'est-à-dire
à 31,83% et 77,12%. Il faut refocaliser de 8 µm pour trouver
la meilleure parabole. Ce qui n'est pas intuitif ! J'ai considéré
un Pyrex de 255 sur 27 au bord. L'image Plop donne la figure de
déformation avec le rouge à -2.4 nm et le bleu à +2.2 nm. La
déformation PTV est de 4,6 nm et en RMS de 1,0, ce qui donne
sur l'onde lambda sur 60.
|

|
|
Pour
le cas personnel Strock :
Il
a les points optimisés avec le logiciel PLOP de Mr. David LEWIS
en figeant le rayon intérieur à 40,00% pour ne pas trop réduire
la taille des triangles. Les points du cercle extérieur sont à
71% mais avec des angles de 32.5° au lieu des traditionnels 30°.
Il faut refocaliser. J'ai considéré un Pyrex de 255 sur 27 au
bord. L'image Plop donne la figure de déformation avec le rouge
à -2.1 nm et le bleu à +1.3 nm. La déformation PTV est de 3,6
nm et en RMS de 0.66, ce qui donne sur l'onde lambda sur 78.
Tout juste acceptable pour les puristes!
|

|
|
Pour
mémoire : Ce qui a failli être le cas Strock: C'est un
barillet à 3 points optimisés par PLOP à 42,5%. Ce qui donne
avec refocalisation un PTV de 19,7 nm et 4.2 nm en RMS, soit
lambda sur 14 tout de même!
|

|
Les
cales latérales
Le
miroir est maintenu par 4 cales latérales avec un léger jeu de 0,5 mm
pour ne pas perturber son assise sur les 9 points du barillet. Les cales
sont espacées de 90°, ceci afin de minimiser les contraintes sur le
bord du miroir générateur d'astigmatisme. Le télescope étant destiné
à voyager, il doit être fermement maintenu lors des transports. 4
cales ne sont pas de trop !
Des
petits taquets empêchent le basculement du miroir. Ils assurent aussi
un parfait bridage du miroir pendant les transports, après l'avoir monté
au maximum grâce aux réglages de collimation. Il ne faut pas que ces
taquets entravent la collimation du miroir et doivent correspondre à la
position haute maximale. Dans le cas contraire, il peut être judicieux
de prévoir 2 taquets escamotables.
Le
couvercle
Ici,
il ne faut pas tergiverser et prendre un plat à tarte de bon diamètre
(Téfal 28 cm). Il sert évidemment de protection au primaire. Mais
surtout, renforce le bridage du miroir lors des transports. Pour ce
faire, le fond du couvercle doit impérativement reposer sur les 4
taquets pour bien reprendre leurs efforts - et non sur les cotés ou la
base. C'est lui qui encaissera les chocs lors des transbahutages
violents. Les cales latérales doivent être façonnées en conséquence
et l'emploi de vis à tête fraisée est impératif pour la fixation des
4 taquets.
Ce
couvercle est ferment bridé dans le fond de la caisse par 2 taquets en
bois escamotables dont le serrage est assuré par 2 vis moletées. |
|
Ce
qui frappe au premier regard sur ce télescope, c’est la finesse de la
structure triangulée qui relie la cage du secondaire à la caisse du
primaire.
Pourtant,
la légèreté du secondaire et la rigidité surprenante du carbone
permettent ce choix. Ce matériau offre un rapport poids/rigidité
imbattable, avec une élasticité suffisamment forte pour notre
utilisation.
Cela
étant, un copain a utilisé des tiges en PVC et le résultat est intéressant
aussi, quoique bien plus souple. C’est une économie non négligeable.
Par
ailleurs, nous avons constaté avec étonnement lors de la fabrication
de notre T400 que la structure étant triangulée, elle ne nécessitait
pas forcément un serrage des tubes en partie basse pour assurer une
bonne rigidité d'ensemble. Cette considération est valable pour des
tubes rigides. Pour ici, les tiges de carbone étant flexibles, nous
allons les cintrer afin d'augmenter les forces de frottement par
arc-boutement dans les embases de la caisse du primaire.
Remarque
: On parle souvent de tube serrurier pour une telle structure. En fait,
nous n’utilisons que la partie avant de ce système ingénieux inventé
par M. Serrurier. Rares sont les constructions amateurs qui reprennent
la partie arrière, dont le but est une maîtrise des flexions inévitables
pour conserver l’alignement de l’axe optique.
Ici,
ce sont les avantages de légèreté et de démontage qui nous intéressent. |