Le problème OVNI

Y a-t-il un secret ? (V)

Aujourd'hui l'USAF continue à leurrer le public en nous montrant l'arbre qui cache la forêt. Mais ne serait-il pas mieux pour tout le monde qu'elle baisse un peu la pression et révèle ce qui se passe réellement dans les installations du lac Groom ? Le DoD y gagnerait en crédibilité et la pression du public déclinerait proportionnellement.

Le journaliste d'investigation Glenn Campbell considéra en 1997 que si l'USAF était un peu plus ouverte au public cela pourrait être utile : "Je pense que toute la tension entourant la Zone 51 pourrait être réduite si le Gouvernement donnait simplement un nom à la base, disait qu'il y développe des projets secrets, sans devoir en dire plus. C'est le fait de cet anonymat, d'une base sans existence qui suscite l'attention du public".

Les dernières ailes volantes en date. A gauche, la première sortie du X-47A Pegasus de Northrop Grumman en juillet 2001. Il s'agit d'un avion de combat sans pilote (UCAV). La face avant est de ce côté ci de l'image. Cet avion furtif fit son premier taxi en juillet 2002 au cours d'une exposition navale à China Lake en Californie. Au centre, une simulation de l'appareil sur un porte-avion de la NAVY. A droite, simulation du modèle X-47B à la voilure dépliée. Plus grand que le précédent, d'un rayon d'action de 2400 km et capable d'emporter une charge de 2 tonnes, il sera utilisé par la NAVY et l'USAF. Son premier vol est prévu pour octobre 2006 avec une phase d'évaluation opérationnelle entre 2007 et 2009. Il passera donc vraisemblablement par la Zone 51. Dépourvu de gouvernail, les X-47 utilisent la géométrie variable de leurs deux ailerons pour manoeuvrer. Documents Airforce technology.

Bien sûr, sur les forums de discussions plus d'un internaute se sont demandés ce qu'il arriverait si le Gouvernement américain ouvrait réellement ses portes et laissait le public constater de visu ce qui se passe dans la Zone 51. Selon ce qu'on y trouverait le public serait peut-être étonné voire rancunier et dans cette éventualité l'action du Gouvernement pourrait même devenir très impopulaire avec tous les dérapages que cette politique implique. Le risque d'émeute ou de crise gouvernementale voire de crise internationale étant donc trop important cela pourrait expliquer le black-out qui couvre le sujet. Nous devons déplorer cette attitude et même si elle peu probable c'est une réalité que nous ne pouvons pas écarter sans preuve du contraire.

A l'inverse, le public pourrait être déçu par ce qu'il découvrira et il perdrait sans doute rapidement son intérêt pour la chose si les hangars renferment effectivement ce que les autorités ont toujours dit. Bien sûr il y aura toujours une fraction de la population qui n'y verra qu'un détournement de son attention et de la désinformation pour cacher ailleurs des secrets majeurs. Mais même dans cette éventualité, le Gouvernement pourrait alors plus facilement protéger les véritables secrets d'état sans devoir s'occuper de la curiosité maladive d'un public qui est pour ainsi dire aujourd'hui drogué, sous dépendance de la rumeur et de la désinformation et cherche par tous les moyens à concrétiser ses fantasmes.

Sur quoi le public pourra-t-il alors se reporter ? Connaissant sa curiosité naturelle, il s'agira certainement d'un autre mystérieux projet comme il doit certainement y en avoir en préparation dans les bureaux du département Recherche et Développement de l'USAF ou les bureaux d'études de la NASA.

Quels sont les grands dossiers militaires aujourd'hui accessibles au public ? Il y a bien sûr le projet Manhattan et une grande partie du programme atomique américain. L'histoire des U-2 est très documentée tant sur Internet que dans les magazines spécialisés. Même chose concernant les prototypes d'ailes volantes et autre soucoupe à turbine construites par Northrop par exemple. Ce qui reste de l'escadrille des SR-71, alias A-12, est visible dans les musées et les F-117A et autre B-2 sont toujours opérationnels et seront probablement remplacés vers 2018. Leurs maquettes sont également présentées dans les musées.

A l'instar de leurs homologues terrestres et de la navy, la plupart des bases aériennes américaines sont des sites opérationnels dont le but est de veiller à la sécurité du territoire national. Elles entraînent le personnel et réalisent des missions à caractère militaire tant sur le plan national que dans le cadre des missions de l'OTAN. Il s'agit parfois de centres de recherche et de développement travaillant dans une sorte de Joint Venture avec la NASA ou des contractants civils spécialisés dans l'aérospatiale. A mot couvert, certaines bases assurent également des missions d'espionnage lors des conflits armés mais également en temps de paix. A gauche exhibition en force sur une base de Californie du U-2, du F-117A et du ST-71 à l'arrière-plan. A droite la combinaison totalement pressurisée modèle S1030 David Clark qu'utilisent les pilotes de SR-71 Blackbird. Une combinaison similaire existe pour les pilotes de X-15 et de F-117A dont les avions sont capables de voler jusqu'à 75000 pieds d'altitude (les effets du manque d'oxygène se ressentant dès 10000 pieds).

Depuis la déclassification de nombreux documents, plusieurs programmes de la Zone 51 sont accessibles au public. C'est ainsi que depuis les années 1990, nous avons appris que des avions russes ont volé au-dessus du lac Groom ainsi que des prototypes d'avions furtifs tel que le Have Blue (un cousin du F-117A) ou le drone TSSAM. La plupart des autres avions tel le Tacit Blue ou le Bird of Prey sont exposés au Musée National de l'U.S.Air Force, dans la base de Wright-Patterson AFB située à Dayton, en Ohio. Quant à savoir où ces avions ont volé et furent testés, sur ce point l'USAF reste muette, preuve s'il en est qu'il subsiste un intérêt suprême et que la raison d'Etat couvre encore beaucoup d'actions occultes. 

Seule chose visible en-dehors des installations d'Air Force Plant 42 à Palmdale, certains avions furtifs volent à partir de la base de Nellis au Névada, d'Holloman au Nouveau-Mexique, Vandenberg, Dryden, Beale ou d'Edwards en Californie, cette dernière organisant des meetings aériens où elle présente quelquefois le U-2, le F-117A ou le B-2.

Malgré cette façade publique, il est évident que la CIA et l'USAF effectuent des missions prohibées aux yeux des civils. A ce sujet leur attitude ne se différencie pas beaucoup de celle des autres grandes nations. Cacher ces activités aux yeux de l'administration fiscale du SEC ou de l'IRS sous le couvert de manifestations d'OVNI est une manière très intelligente pour le Gouvernement de détourner l'intérêt du public et des intéressés. Mais la méthode n'est pas la bonne. L'effet serait encore plus efficace si l'armée était un peu plus transparente. De cette manière on ne la soupçonnerait plus de désinformer le public et elle pourrait poursuivre ses missions loin des regards et des micros indiscrets. Bien sûr, une telle attitude ne peut pas être encouragée car elle irait à l'encontre de tous les principes éthiques dans un Etat de droit.

Dans une certaine mesure le Gouverneur du Névada et son pouvoir exécutif local (shérif, etc) participent à cette hystérie collective qui entoure la Zone 51 depuis des décennies du fait qu’ils n’interdisent pas l’installation de panneaux de signalisation relatifs aux extraterrestres ni n’interviennent lorsque le public friand d’OVNI se rassemble sur la route longeant la Zone 51. Certains peuvent donc en conclure que si les autorités acceptent ces écarts par rapport à la réglementation, les faits évoqués doivent être vrais. En fait, les autorités locales nous répondent à cela que la zone est surveillée par l’armée et tant que ce folklore se déroule sur des terrains privés ou sur la voie publique et ne nuit à personne, la politique est de laisser faire. Quant aux panneaux de signalisation, ils sont devenus des attractions touristiques qui sont toujours les bienvenues dans un comté pauvre en ressources...

Simulation d'un X-47A volant vers l'observateur.

La nouvelle frontière

Si on prend un peu de recul par rapport aux OVNI et qu'on observe Dreamland depuis la route des crêtes, on se rend compte que le site à l'origine créé pour concevoir des avions espions dans le but de débusquer les sites soviétiques ou chinois de missiles ou de test nucléaires a fini par ressembler aux sites les plus secrets que ses enquêteurs recherchaient : Baïkonour (Tyuratum), Kapustin Yar ou Lop Nor (Xinjiang). Conçu pour faciliter la "pénétration des zones interdites", dixit l'USAF, Dreamland a fini par se retirer elle-même derrière un périmètre contrôlé, celui d'une zone interdite. La zone est tellement sensible qu'elle a même disparu des cartes civiles !

En fait du point de vue sociologique, le périmètre de la Zone 51 n’est que la manifestation la plus récente de cette “Nouvelle frontière” que nous offre l’exploration de l’espace, la "dernière frontière" chère au capitaine Kirk et aux amateurs de science-fiction. Située à la limite de nos connaissances, c’est aussi le point de départ de l’exploration de l'univers. La spirale de la connaissance relie ainsi le mythe et le mystère à travers toutes les générations et tous les continents.

Un pétroglyphe indien fut découvert sur un rocher du désert du Névada. En forme de cercles concentriques, différent des symboles solaires, on pense qu’il représente le langage. Par analogie, c’est peut-être aussi le symbole de l’échange des cultures ou celui de l’entrée et de la sortie dans un monde secret, initiatique. A chacun de juger.

Les Américains sont particulièrement imaginatifs et friands de ce genre d’histoires au point d’inventer des centres de commandement spatiaux dans lesquels les “croyants” communiquent avec les extraterrestres et tiennent des propos sur l’apocalypse et la spiritualité du monde. Deux de ces centres se situent en Utah, près de Salt Lake City : l’un s’appelle le “Ashtar Space Command”, dirigé par Mrs Tuelle et qui a reçu le support d’amateurs étrangers à travers un site Internet multilingue, le second, mais qui ne semble plus actif depuis 2000, était représenté par l’association des “Seekers” qui communiquaient avec les extraterrestres de la planète Uarian depuis les années 1950. La distance a sans doute interrompu leurs communications...! Fin de transmission.

Pour plus d'information

La légende Roswell (sur ce site)

Wikipedia US, FR (Area 51)

Cartes: Google, Limite des Etats, Rachel/Las Vegas

Photo aérienne de la Zone 51 (Ikonos, 2003, assemblée par l'auteur)

Tikaboo Peak

Dreamland Resort

As Close to Area 51 as You Will Ever Get (YouTube)

Area 51 - The Final Assault (YouTube)

UFOs & Area 51 Exposed - Bullet Version (YouTube)

Area 51 - Sept 2005 (YouTube)

Breaching Area 51 (YouTube)

The Area 51 Viewer's Guide (livre)

USAF

Air Force Technology

Musée National de l'U.S. Air Force (USAF)

Beale AFB (Reconnaissance, Ca)

Dryden FRC (Centre de recherche, Ca)

Edwards AFB (Tests de vol, Ca)

Holloman AFB (ex Alamogordo AF, Force de frappe, NM)

Nellis AFB (Centre de commandement, Ne)

Vandenberg AFB (Défense spatiale, Ca)

Bechtel

Boeing

Edgerton, Germeshausen & Grier (URS Corp.)

Lockheed Martin Skunk Works 

Northrop-Grumman

SAIC

TRW

B-2 Spirit.

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