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Le
système solaire découpé en trois catégories
Requalification des objets du système solaire : pourquoi Pluton n’est
plus une planète ?
Résolution de
l’Union Astronomique Internationale, adoptée le 24 aôut 2006 à Prague :
« L’UAI
[...] décide que les planètes et autres corps du système solaire sont
définis selon trois catégories, de la manière qui suit :
1 – Une planète est un corps céleste qui
est en orbite autour du
Soleil
possède une masse suffisante
pour que sa gravité l’emporte sur les forces de cohésion interne, ce qui
lui donne une forme (presque ronde) d’équilibre hydrostatique
et a nettoyé l’environnement
autour de son orbite.
2 – Une « planète naine » est un corps
céleste qui
est en orbite autour du
Soleil
possède une masse suffisante
pour que sa gravité l’emporte sur les forces de cohésion interne, ce qui
lui donne une forme (presque ronde) d’équilibre hydrostatique
n’a pas nettoyé
l’environnement autour de son orbite
et n’est pas un satellite.
3 – Tous les autres objets en orbite
autour du Soleil seront désignés collectivement sous le terme de
« petits corps du système solaire ».
L’UAI décide en outre que « Pluton » est
une « planète naine » selon la définition précédente
et est le prototype d’une nouvelle
catégorie d’objets transneptuniens. »
L’UAI réunie à Oslo
(Norvège) en juin 2008, a officiellement adopté le terme « Plutoïde »
pour désigner les « planètes naines transneptuniennes » comme Pluton et
Eris, qui sont des corps célestes dont la masse est suffisante pour leur
conférer une forme quasi sphérique et qui contrairement aux « vraies »
planètes, ne sont pas assez imposants pour dominer leur environnement.
1ère catégorie : les 8 planètes "classiques"

2ème catégorie : les planètes naines (Cérès, les "plutoïdes",..)


3ème catégorie : les petits corps du système solaire
(satellites , comètes , astéroïdes)

Le mot « planète » (astre errant selon sa racine
grecque) n’avait pas nécessité une définition précise. Depuis le 19e
siècle, le nombre de « planètes » a fluctué au gré des découvertes de
divers corps de 7 à 13, il était de 8 en 1846 avec la découverte de
Neptune puis de 9 en 1930 avec Pluton.
Pluton a fait l’objet de controverses quant à sa nature.
Les astronomes s’attendaient à trouver une planète beaucoup plus massive
et Pluton s’est révélée être atypique : une orbite très excentrique
(périhélie 29,7 UA, aphélie 49,85 UA) et très inclinée par rapport au
plan de l’écliptique (17°). Sa période orbitale moyenne de 248 ans n’a
pas permis de l’observer sur toute sa trajectoire et elle ne passera à
l’aphélie qu’en 2113 !
Le statut de satellite de Charon a également été remis en
cause : les astronomes pensent qu’il s’agit plutôt d’un système double
(les deux objets tournent autour d’un centre de masse situé en dehors de
Pluton).
Grâce aux avancées technologiques (CCD), les découvertes
des objets transneptuniens se sont multipliées, notamment à partir de
1992. Ainsi des objets relativement gros apparurent : Varuna, Sedna,
Quaoar. En 2005 la découverte de trois objets exceptionnels est
annoncée : 2003 UB313 (futur Eris, plus gros et plus massif
que Pluton), 2003 EL61, 2005 FY5. Et toute une
population d'objets transneptuniens, de résonance 3:2 avec Neptune comme
Pluton, aux orbites stables, fut découverte et appelée "les Plutinos".
Fallait-il augmenter le nombre de planètes ou procéder à
une requalification des objets du système solaire, ce qui excluait
Pluton des planètes "classiques" ? La résolution de l'UAI n'a pas fait
l'unanimité parmi les astronomes.
Dans leur ouvrage "Aux confins du système solaire,
éditions Belin-Pour la Science 2008", l'astrophysicien Alain
Doressoundiram et l'astronome Emmanuel Lellouch, tous deux chercheurs au
LESIA de l'Observatoire de Paris, font le point de façon aussi claire
qu'exhaustive des connaissances actuelles du système solaire, à la
lumière des découvertes des vingt dernières années. Si ils trouvent
plutôt inutile la terminologie de "planètes naines", ils considèrent
comme une bonne décision la formulation du concept d'"objet qui a
nettoyé l'environnement de son orbite" qui conduit à une distinction
beaucoup plus franche entre planètes et petits corps que le critère de
forme et qui a l'énorme intérêt de faire référence au mécanisme de
formation planétaire.

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